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Décrochage, raccrochage : l'affaire de tous

Personne ne peut se résoudre à voir des jeunes s'éloigner de l'école, dans le silence de l'absentéisme larvé, puis systématique, ou dans l'épreuve des exclusions d'établissements. On sait bien que les facteurs du décrochage de l'école sont nécessairement divers et multiples, et les solutions ne peuvent être que variées, de longue haleine. Elles doivent engager l'action de tous les acteurs concernés.

Les apports des associations ont l'intérêt d'être en décalage avec l'école ordinaire. Elles peuvent intervenir au sein même de l'école, par des apports sur les relations entre élèves, ou encore sur le traitement de la difficulté scolaire. Elles peuvent également contribuer à la prise en charge de jeunes sortis sans qualification de la scolarité, pour les accompagner dans des démarches sur mesure. Elles participent ainsi à des réponses institutionnelles variées : mission de lutte contre le décrochage, atelier relais, micro lycée.

Voici deux actions menées en partenariat par un établissement scolaire et
une association : comment trouver la bonne formule pour accompagner des élèves dans les virages de leur parcours scolaire sans empiéter sur les responsabilités de chacun ?


Dans et autour d'un établissement scolaire : un travail d'équipe

Les coordonnatrices de la mission de lutte contre le décrochage scolaire implantée dans le lycée Heinrich-Nessel d'Haguenau (Bas-Rhin) s'appuient sur les ressources de cet établissement polyvalent, regroupant lycée général, technologique et centre de formation par l'apprentissage, ainsi que sur les associations de la commune. Rencontre avec ces différents acteurs.

Le premier enjeu est de repérer les jeunes en rupture avec le milieu scolaire pour
les ramener doucement vers une formation.

Repérer et accompagner les jeunes en rupture

Karim BARBOUCHI, coordinateur animation enfance jeunesse
au centre socioculturel du Langensand (Haguenau),
Isabelle d'HERBECOURT, coordinatrice de la mission de lutte
contre le décrochage scolaire
3 min 27 sec


Comment surmonter la segmentation des temps entre l'école, la famille et le cadre associatif, pour considérer l'enfant dans sa globalité, agir de concert en faveur
de sa réussite ?


Considérer le jeune dans sa globalité

Karim BARBOUCHI, coordinateur animation enfance jeunesse
au centre socioculturel du Langensand (Haguenau)
Bruno POLICAND, proviseur du lycée Heinrich-Nessel de Haguenau
1 min 50 sec


Pas de sous-traitance, d'interventionnisme ou de délégation de responsabilité : chacun son rôle, mais en liaison étroite et cohérente, jusqu'à constituer des "équipes multiculturelles".


Constituer des équipes pluridisciplinaires

Isabelle d'HERBECOURT, coordinatrice de la mission de lutte
contre le décrochage scolaire,
Bruno POLICAND,
proviseur du lycée Heinrich-Nessel de Haguenau
3 min 3 sec


Autre dispositif, pour des publics collégiens : un atelier relais, installé dans un collège du quartier de la Meinau à Strasbourg. Des élèves y sont accueillis pour des périodes de huit semaines, avec un emploi du temps aménagé, par un enseignant et un animateur salarié de l'Aroéven.


Installer un atelier-relais dans un collège

Hugues MULLER, directeur de l'Aroéven d'Alsace
3 min 13 sec


Le mot de la fin : une idée forte pour guider des actions en faveur du raccrochage
des élèves fâchés avec l'école ?


Guider des actions en faveur des élèves

Karim BARBOUCHI, coordinateur animation enfance jeunesse
au centre socioculturel du Langensand (Haguenau),
Isabelle d'HERBECOURT,
coordinatrice de la mission de lutte
contre le décrochage scolaire,
Hugues MULLER,
directeur de l'Aroéven d'Alsace,
Anne-Claude BEYRATH,
coordinatrice de la mission de lutte
contre le décrochage scolaire
2 min 11 sec


Dedans/dehors : raccrocher l'école sans être toujours dans l'école

Au Pôle Innovant Lycéen de Paris, un dispositif en partenariat avec la Ligue de l'enseignement accompagne des jeunes décrochés de l'école vers des missions de service civique.

Aurélie a décroché de l'école pendant un an, avant d'intégrer le Pôle Innovant Lycéen (PIL). C'est là qu'elle a découvert le "Projet Service Civique".


Les adolescents qui arrivent dans notre établissement sont en manque de confiance en eux, isolés, fragilisés par leur décrochage : s'engager dans une mission d'intérêt général est une occasion d'acquérir une expérience et des compétences utiles pour construire
un projet professionnel. Pour Benoît Cornet, responsable du Projet Service Civique au PIL, il faut commencer par construire un réseau d'interlocuteurs :

"À des places différentes, on s'adresse à la même personne. Ce sont des jeunes qui sont en train de devenir adultes. On les accompagne dans ce chemin-là. Ici, au PIL, on les aide à finaliser un cycle de formation de niveau bac. Et en même temps, on travaille avec des acteurs de l'éducation populaire, qui eux, ont l'habitude d'accueillir les jeunes en dehors du cadre scolaire. On essaye chacun avec notre culture de rendre un espace possible pour ces jeunes qui sont en train de grandir et de se chercher".

Concrètement, le lycéen est entouré par trois interlocuteurs privilégiés : un référent du PIL, un référent "service civique" de la Ligue de l'enseignement et un référent dans l'association où il accomplit sa mission. L'accompagnement se fait dans un dialogue constant entre ces trois partenaires.

"Dans le dispositif qu'on a mis en place, précise Benoît Cornet, les jeunes ne signent pas tout de suite. Ils vont à un premier rendez-vous, font un stage d'une semaine, et si le stage est concluant de part et d'autre, on définit la mission ensemble. Le jeune se construit un parcours dans ce triangle d'intervenants".

Une dynamique vertueuse, puisque :

"tous ceux qui ont suivi le dispositif l'année dernière sont repartis sur un projet de formation, à part un. Cela a été un moyen de grandir, de mûrir, de faire des choix. C'est aussi quelque chose qui est entré dans leur cursus et qu'ils ont pu valoriser pour la suite. Naomi, par exemple, est entré en formation brevet professionnel de la jeunesse, de l'éducation populaire et du sport (BPJEPS) et son année de service civique lui a servi au moment des épreuves de sélection à obtenir à la fois son centre de formation et son employeur".

Travailler en collaboration avec le monde associatif ne va pas de soi, surtout pour
des acteurs habitués à travailler dans un cadre scolaire, fût-il innovant. Comme le souligne Benoît Cornet :

"il faut comprendre la logique de l'interlocuteur avec qui tu travailles, qui n'est pas la tienne car les enjeux ne sont pas les mêmes, ne serait-ce qu'au niveau économique. Il faut comprendre comment marche une association. On est obligé de faire attention à l'autre, à son mode de fonctionnement. Pour des jeunes collègues qui n'ont pas eu d'expérience associative, c'est parfois compliqué".

Pour autant, les retours quant à l'évolution des postures professionnelles comme au changement de regard porté sur ces jeunes "décrochés" sont très positifs.
La complémentarité des acteurs permet de tisser autour du jeune des liens qui relient à la fois le "dedans" et le "dehors", l'école et le monde associatif. "Là, ce n'est pas de l'externalisation, mais du co-accompagnement". Ce maillage entre l'école et les associations est particulièrement adapté au profil de ce public :

"c'est un fait, on a des jeunes qui sont dans le dedans/dehors en permanence. Pour nous, la question est de savoir comment l'organiser pour accompagner au mieux. Si on travaille avec le dedans, c'est évident qu'il faut travailler avec le dehors et que, de ce point de vue, les associations sont des interlocuteurs privilégiés."

Du côté des jeunes, l'expérience du monde associatif est un facteur de réussite :

"cela leur donne un profil singulier et une reconnaissance qui vient combler celle qu'ils n'ont pas eue à l'école."

Pour Aurélie, le chemin parcouru avec le PIL, la Ligue et l'association de recyclage
où elle a fait sa mission lui a redonné confiance en elle :



Bastien Sueur, à partir des témoignages de Benoît Cornet et des jeunes du PIL. Le PIL de Paris est une structure créée en 2000, qui réunit différentes propositions de raccrochage scolaire pour des élèves de plus de 16 ans qui souhaitent revenir dans l'école pour se réinscrire dans un processus de formation. Parmi ces propositions figure notamment le Lycée de la Solidarité Internationale (LSI).


Pour conclure cette thématique

La réponse au décrochage est à rechercher dans la diversification des lieux et
des approches éducatives : il ne s'agit pas seulement de maintenir des élèves à toute force dans le système, ou de leur offrir un débouché professionnel, quel qu'il soit,
mais bien d'œuvrer à une éducation globale. Tous les partenaires du système éducatif peuvent y contribuer.









Mise en ligne le 7/12/2015

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