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Historique

Le concept de décrochage scolaire apparaît au début des années 1970 et est étroitement liée aux difficultés d'insertion professionnelle des jeunes. Selon Pierre-Yves BERNARD, maître de conférences à l'université de Nantes, "le chômage des jeunes est en effet expliqué [dans ces années-là] par l'incapacité du système de formation à répondre aux besoins du système productif".

Dans les années 1980, les politiques éducatives se sont emparées de cette question
et se sont traduites par divers plans et mesures visant à réduire le nombre de jeunes sortant du système scolaire sans qualification.

Depuis les années 1990, les actions se sont progressivement élargies à la prévention du décrochage scolaire et à la mise en place d'outils de suivi des décrocheurs.

Cette partie du dossier retrace les grandes étapes des politiques de lutte contre
le décrochage des jeunes du milieu du XXe siècle au début du XXIe siècle.
Elle présente également les travaux préparatoires au plan "tous mobilisés contre
le décrochage scolaire" annoncé par la ministre en octobre 2015.



Un peu d'histoire

C'est en Amérique du Nord, notamment aux États-Unis, que la thématique du décrochage a émergé comme telle dès le milieu du XXe siècle, les débats combinant tout autant des préoccupations économiques que des inquiétudes sécuritaires. On y voyait une déviance.

Plus de 200 000 jeunes quittaient au début des années 70 le système éducatif français sans qualification, sans que la question de la lutte contre le décrochage n'ait été posée.
Les premières missions locales apparaissent en France en 1982. Elles correspondent à l'une des propositions d'un groupe de travail présidé par Bertrand SCHWARTZ qui a rendu au Premier ministre, Pierre MAUROY, un rapport intitulé "L'insertion professionnelle et sociale des jeunes". Elles répondent à un besoin d'accueil pour les jeunes sortant sans qualification ou sans diplôme du système éducatif. Cette orientation politique s'explique partiellement par la massification du chômage qui touche particulièrement les jeunes et qui réactive la question du statut de la jeunesse.

En 1984, "l'opération 60 000 jeunes" est lancée.
En 1986, le dispositif d'insertion des jeunes de l'éducation nationale (DIJEN) est créé pour permettre aux jeunes, sortis du système de formation, d'accéder à une qualification puis au marché du travail par d'autres voies que celles que prévoit le cursus traditionnel. Le décrochage s'impose dans le débat public par le biais d'institutions variées (associations de soutien scolaire, missions locales) et d'acteurs associatifs plus ou moins militants (par exemple l'association La Bouture).

La mission générale d'insertion (MGI) est créée avec la note de service de la direction des lycées et collèges du 16 mars 1995. Cette note s'inscrit dans le cadre de la loi d'orientation n° 89-486 du 10 juillet 1989 (pdf 85 Ko) qui place l'élève au centre du système éducatif. Le programme "Nouvelles chances", lancé par la circulaire n° 99-071 du 17 mai 1999, pointe non seulement les sorties du système éducatif sans qualification mais aussi les départs prématurés. Il va donner une impulsion supplémentaire à la MGI avec l'apport de fonds sociaux européens.

Deux mesures emblématiques vont pouvoir accueillir des publics très différents allant des élèves sans solution d'affectation à ceux préparant une nouvelle fois un

  • le cycle d'insertion professionnelle par alternance (CIPA) ;
  • le module de représentation à l'examen par alternance (MOREA).

Le plan "Agir pour la jeunesse" 2009-2013 a débouché sur la mise en place des plateformes de suivi et d'appui aux décrocheurs (PSAD).

Avec la mise en place des réseaux Formation Qualification Emploi (FOQUALE) en 2013, la MGI change de dénomination et s'intitule désormais la mission de lutte contre le décrochage scolaire (MLDS). Ces réseaux FOQUALE dans la continuité des réseaux "Nouvelle chances", se substituent à eux et se déploient sur l'ensemble du territoire.

En appui de ces réseaux, des référents "décrochage" sont nommés dans les établissements du second degré à fort taux d'absentéisme et de décrochage. Des outils développés par l'Office national d'information sur les enseignements et les professions (ONISEP) tels qu'un site Web et une application pour les téléphones, "Ma seconde chance", sont mis en place afin d'offrir de l'aide et des informations pour les jeunes décrochés qui recherchent des solutions.

La publication en juin 2013 du rapport de l'inspection générale Agir contre le décrochage scolaire : alliance éducative et approche pédagogique repensée (1,5 Mo), a permis de donner l'impulsion à l'évaluation partenariale de la politique de lutte contre le décrochage scolaire débutée en novembre 2013. Ce rapport a été rédigé sous la coordination d'Anne ARMAND, inspectrice générale de l'éducation nationale, de Claude BISSON-VAIVRE, inspecteur général de l'éducation nationale et de Philippe LHERMET, inspecteur général de l'administration de l'éducation nationale et de la recherche.

Présentation du rapport

3 min 33 sec

Anne ARMAND, inspectrice générale de l'éducation nationale


La prévention du décrochage scolaire est un phénomène qui n'épargne aucun système éducatif et son coût financier, social et humain est particulièrement élevé. L'Europe s'est engagée sur un objectif de réduction du taux moyen des "sorties précoces" à 10% en 2020. Les causes du décrochage, largement connues et partagées, sont multifactorielles et leur combinaison en système rend leur traitement complexe. L'institution elle-même doit assumer ses propres responsabilités dans la persistance et le développement du phénomène.

S'il existe plusieurs mesures du décrochage qui produisent des données non identiques, celles-ci sont convergentes et marquent son importance. Les concepts méritent d'être clarifiés pour mieux fonder les politiques et assurer la prise en charge des décrochés actuels. Le dispositif des réseaux formation qualification emploi (FOQUALE) de l'éducation nationale, qui s'articule avec le système interministériel d'échange d'information (SIEI), devrait y contribuer. Mais la démarche de prévention est essentielle, et les moyens de la mission de lutte contre le décrochage scolaire (MLDS) doivent être redéployés dans ce sens.

Absentéisme et décrochage sont souvent l'expression d'un rejet des apprentissages. Jusqu'à présent les réponses proposées ont généralement externalisé la prise en charge des décrochés dans des dispositifs de raccrochage, très dépendants de financements non pérennes, alors que tout se joue dans la classe et dans l'établissement. En se fondant sur des approches pédagogiques vigilantes et des alliances éducatives autour de l'élève et de sa famille, une prévention plus efficace du décrochage doit être menée.


Du rapport au plan d'action

Frédérique WEIXLER, chef du département recherche et développement en innovation et en éducation (DRDIE), conseillère technique "lutte contre le décrochage" auprès de la directrice générale de la direction générale de l'enseignement scolaire (DGESCO), présente la démarche pour aboutir au plan d'action.

La mise en place du plan

1 min 1 sec

Frédérique WEIXLER, chef du département recherche et développement
en innovation et en éducation (DRDIE), ministère de l'éducation nationale,
de l'enseignement supérieur et de la recherche


Un premier rapport de diagnostic, publié en juin 2014, a fait ressortir cinq constats principaux.

  • Le décrochage scolaire est un processus multifactoriel complexe. La très grande diversité des interactions possibles entre facteurs internes et externes au système scolaire produit autant d'histoires et de cas différents que de décrocheurs. Le phénomène du décrochage interroge plus largement la responsabilité du système éducatif, notamment sa capacité à faire réussir les populations les plus défavorisées.
  • La mesure du décrochage scolaire est perfectible. Deux indicateurs, de flux (taux de sortants sans diplôme du second cycle du secondaire) et de stock (taux de sortants précoces), servent aujourd'hui à mesurer l'ampleur du phénomène. Ils présentent toutefois des limites notables en termes de périmètre, de déclinaison au niveau académique et de marge d'erreur.
  • La politique de lutte contre le décrochage scolaire est en construction, centrée aujourd'hui sur la remédiation et l'intervention. La prévention est peu structurée et ne fait pas l'objet d'une politique nationale, même si de nombreuses actions de prévention se développent localement.
  • Les moyens consacrés à la politique sont relativement modestes, quoique difficiles à évaluer car il existe peu de données consolidées sur les dispositifs, et les expérimentations menées ne sont pas toujours exploitées. L'allocation de ces moyens doit également être optimisée : les moyens aujourd'hui alloués aux actions de remédiation ne sont pas toujours efficients, ces actions intervenant trop tardivement pour des élèves déjà très avancés dans le processus de décrochage.
  • Le pilotage de la politique reste embryonnaire et inégal selon les territoires. Il existe peu de pilotage national interinstitutionnel dédié au décrochage, le sujet étant le plus souvent traité dans des cadres connexes. Aux niveaux académique, régional et départemental, les partenariats sont souvent hétérogènes. Des acteurs incontournables (élèves et leurs familles, enseignants, corps d'inspection, entreprises) sont également insuffisamment impliqués dans le pilotage de la politique.


De l'autonomie de l'établissement public local d'enseignement (EPLE)
au plan national

3 min 37 sec

Claude BISSON-VAIVRE, inspecteur général de l'éducation nationale


Un rapport final (pdf 3,6 Mo) a été publié en novembre 2014 et un plan de lutte contre le décrochage scolaire annoncé par la ministre de l'éducation nationale de l'enseignement supérieur et de la recherche et le Premier ministre. Le schéma ci-dessous regroupe sur la même diapositive les :

  • 3 orientations stratégiques ;
  • 4 principes généraux du plan ;
  • 5 axes clés pour la mise en œuvre ;
  • 6 leviers nécessaires pour accompagner le changement.


Poster de présentation du plan Luxembourg - 9 et 10 juillet 2015 (jpeg 56 Ko)
(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Schéma résultant du travail effectué entre la DGESCO et la modernisation de l'action publique (MAP).



Mise en ligne le 03/12/2015



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 Présentation du dossier Décrochage scolaire

 Le décrochage c'est quoi ?

 Enjeux

 Mobiliser les ressources des premier et second degrés

 Acteurs, partenaires et territoires

 L'innovation au service de la lutte contre le décrochage


À télécharger

Article de Jean-Marc HUART, sous-direction des lycées et de la formation professionnelle : La lutte contre le décrochage scolaire (pdf 632 Ko). Administration et éducation, mars 2013, n° 1/2013, p. 17-22.

À voir sur le web

  • Ma seconde chance, site de l'Office national d'information sur les enseignements et les professions (ONISEP)

Conférences

De l'école à l'emploi : le parcours individuel d'orientation professionnelle

  • Nicolas TORRES, adjoint à la cheffe du bureau de l'orientation et de l'insertion professionnelle, ministère de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, direction générale de l'enseignement scolaire, sous-direction du socle commun, de la personnalisation des parcours scolaires et de l'orientation ;
  • Xavier VINET, chef du service académique d'information et d'orientation, académie de Nantes, délégué régional de l'Office national d'information sur les enseignements et les professions (ONISEP) ;
  • Françoise LEFEBVRE, proviseure du lycée Marie Curie de Nogent-sur-Oise, académie d'Amiens, directrice du groupement d'établissements pour la formation continue (GRETA) Sud-Oise ;
  • Catherine BEUZIT, principale du collège Molière à Bouillé-Loretz dans les Deux-Sèvres, académie de Poitiers.

Avec les contributions enregistrées de :

  • Jean-Pierre BELLIER, inspecteur général de l'éducation nationale pour les établissements et la Vie Scolaire (IGEN-EVS), en charge de l'orientation et du décrochage scolaire ;
  • George ASSERAF, agrégé de sciences économiques, inspecteur général de l'administration de l'éducation nationale et de la recherche, directeur de l'ONISEP ;
  • rencontre d'acteurs qui ont participé à l'action de remobilisation des jeunes en interruption de parcours de formation "Quelles solutions pour ma rentrée ?" qui a eu lieu le 22 septembre 2014 au centre d'information et d'orientation (CIO) de Poitiers. L'éducation nationale et ses partenaires organisent, en effet, régulièrement des rencontres sur l'emploi et la formation pour proposer des solutions concrètes aux jeunes de moins de 25 ans.

Animatrice : Sonia LEVERD, ingénieur de formation ESENESR.

Logo Conférences interactives


ESENESR/CNED - conférence interactive
8 octobre 2014
1 h 29 min 9 sec



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