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Le décrochage c'est quoi ?


Signes et repérages

Le décrochage scolaire chez un élève est la résultante d'un processus qui s'est amorcé bien souvent en amont pour de multiples raisons qui s'inscrivent dans une histoire personnelle, familiale, psychologique ou sociale. Le décrochage scolaire est un enjeu collectif national et international (consulter la page Enjeux) et il impose une mobilisation importante de tous les acteurs (consulter la page L'innovation au service de la lutte contre le décrochage et la page Acteurs, partenaires et territoires). Il faut donc, pour tenter de le réduire, en préciser les contours, être en capacité d'en comprendre les mécanismes, de repérer les signes, les alertes et les facteurs de risque, jusqu'à la critique des modes d'organisations qui le favorisent.


Des cadres de l'éducation nationale s'interrogent et se mobilisent

7 min 35 sec

Intervenants par ordre d'apparition :

Frédérique WEIXLER

Claude BISSON-VAIVRE

Aziz JELLAB

Philippe WUILLAMIER

Jacques MORET

Viviane HENRY

Stéphanie ASTIER

Sylvain JOLY

Fonctions des intervenants : Frédérique WEIXLER, département recherche et développement en innovation
et en éducation (DRDIE) ministère de l'éducation nationale

Claude BISSON-VAIVRE, inspecteur général de l'éducation nationale

Aziz JELLAB, inspecteur général de l'éducation nationale

Philippe WUILLAMIER, directeur académique des Hauts-de-Seine

Jacques MORET, recteur de l'académie de Poitiers

Viviane HENRY, directrice académique de la Drôme

Stéphanie ASTIER, enseignante - coordonatrice d'un réseau d'éducation prioritaire (RRS)

Sylvain JOLY, inspecteur de l'éducation nationale (IEN) chargé de mission éducation prioritaire


Quelles définitions ?


Vous avez dit décrochage ?

4 min 18 sec

Intervenants par ordre d'apparition :

Anne ARMAND

Claude BISSON-VAIVRE

Frédérique WEIXLER

Jacques MORET

Viviane HENRY

Philippe WUILLAMIER

Fonctions des intervenants : Anne ARMAND, inspectrice générale de l'éducation nationale

Claude BISSON-VAIVRE, inspecteur général de l'éducation nationale

Frédérique WEIXLER, département recherche et développement en innovation
et en éducation (DRDIE) ministère de l'éducation nationale

Jacques MORET, recteur de l'académie de Poitiers

Viviane HENRY, directrice académique de la Drôme

Philippe WUILLAMIER, directeur académique des Hauts-de-Seine



Au plus près du terrain

5 min 14 sec


Intervenants par ordre d'apparition :

Patrice HERZECKE

Laurence BURG,

Sylvain JOLY

Laurent ABÉCASSIS

Myriam BLANCHARD

David BEVIERE

Mustapha BOUZIDI

Séverine THIBOUD

Cédric DEVAUCHELLE

Michel COLLASSON

Serge BESSEDE

Stéphanie ASTIER

Pascal SOUMIER

Hémia KHAMISSI

Isabelle THIBAULT-ROUZAUD

Fonctions des intervenants : Patrice HERZECKE, chef du service académique d'information, d'insertion
et d'orientation de Poitiers

Laurence BURG, inspectrice d'académie - inspectrice pédagogique régional (IA-IPR) - département de la Drôme

Sylvain JOLY, inspecteur de l'éducation nationale (IEN) chargé de mission éducation prioritaire

Laurent ABÉCASSIS, chef d'établissement - académie de Versailles

Myriam BLANCHARD, chef d'établissement, académie de Versailles

David BEVIERE, chef de service région Poitou-Charentes

Mustapha BOUZIDI, coordonnateur de la mission de lutte contre le décrochage scolaire (MLDS) - bassin de Nanterre

Séverine THIBOUD, chargée de mission éducation prioritaire

Cédric DEVAUCHELLE, conseiller principal d'éducation (CPE) -
Collège Les Bouvets -  Puteaux

Michel COLLASSON, professeur principal - Collège Les Bouvets - Puteaux

Serge BESSEDE, directeur d'école à Valence

Stéphanie ASTIER, enseignante - coordonatrice d'un réseau d'éducation prioritaire (RRS)

Pascal SOUMIER, enseignant - lycée professionnel, Agen

Hémia KHAMISSI, enseignante - lycée professionnel, Agen

Isabelle THIBAULT-ROUZAUD, enseignante - lycée professionnel - Agen

Ce terme de décrochage emprunte à l'imagerie de la montagne, de l'aviation ou du sport en général (le décrochage en alpinisme, en course de vitesse, en aviation, etc.) et donne une direction à la rupture, plutôt verticale et dirigée vers le sol. Avec un certain parallélisme des formes, ce terme est utilisé dans divers champs économiques ou sociaux : le décrochage économique ; le déclassement social, etc.

Définir le décrochage scolaire est complexe, parce que le terme recouvre des réalités individuelles et collectives parfois fort différentes et qu'aujourd'hui cette notion occupe le devant de la scène, devenant un axe particulièrement privilégié des Politiques publiques en direction de la jeunesse.

De nombreux chercheurs ont travaillé sur ce thème, dont Pierre-Yves BERNARD, qui s'inscrit dans une approche nouvelle du décrochage. Le décrochage scolaire est "un problème complexe mobilisant une multitude de facteurs et de cadres d'analyse" : c'est ce qu'affirme Pierre-Yves BERNARD, maître de conférences à l'université de Nantes, dans son ouvrage sur "Le décrochage scolaire". Parcourant l'ensemble des travaux consacrés à ce thème au cours des dernières années, il distingue trois types d'approche : on peut considérer le décrochage comme "acte", comme "processus", ou comme "symptôme" de l'évolution récente du système scolaire.
Pierre-Yves BERNARD constate que la plus grande part des travaux existants sur le décrochage scolaire concerne les élèves en risque ou en situation de décrochage, et porte sur "le constat d'un risque plus important dans les milieux populaires", ainsi que sur "l'importance des phénomènes dépressifs accompagnant la rupture scolaire". Il met en garde contre le danger de "naturaliser" la relation entre ces facteurs et le décrochage et d'"induire un déterminisme sociologique ou psychologique" menant soit au "fatalisme", soit à la recherche de catégorisations, "dont le repérage précoce peut être une forme de caricature". L'auteur juge à cet égard que si la problématique du décrochage scolaire a été adoptée tardivement en France, alors qu'elle représente aux États-Unis "une préoccupation ancienne", c'est notamment parce qu'on lui reproche "stigmatisation, simplification, ignorance des causes".
Dimension "intégratrice" de l'école
Un second type d'approche "en termes de processus ou de parcours" permet de "dépasser une approche trop institutionnelle, limitée à la situation de décrochage comme moment de rupture". En insistant sur les interactions "entre le maître et les élèves ou entre les élèves eux-mêmes" et les "contextes" (la famille, la classe, l'établissement ou les pairs) la recherche démontre que "l'échec scolaire précoce est un puissant facteur de décrochage ultérieur", et que "la dimension plus ou moins intégratrice de l'école, au-delà de sa mission d'apprentissage des savoirs scolaires" "contribue à limiter" le risque de sortie précoce du système éducatif.
Pierre-Yves BERNARD évoque un troisième niveau d'analyse, celui de "la conception et l'organisation d'ensemble du système éducatif". Il rappelle que "la croissance des effectifs scolarisés au XXe siècle a profondément transformé les normes d'achèvement de scolarité, "renforçant la valeur du titre scolaire "tout en dépréciant la sortie de l'école sans diplôme", et souligne que ces évolutions ont "puissamment participé à faire du décrochage scolaire un véritable problème public". Pierre-Yves BERNARD juge en conclusion que "reconnaître la légitimité de la question du décrochage scolaire, c'est d'une certaine manière consacrer le droit de tous à bénéficier d'une formation secondaire complète".
Référence bibliographique : BERNARD, Pierre-Yves. Le décrochage scolaire. PUF, 2011. (Que sais-je ?)

Une grande part des études traite surtout du 2nd degré, le décrochage dans le 1er degré restant très marginal.


Pourquoi un élève "accroche" à l'école, à la formation, y trouve un sens, y voit une perspective… et d'autres en décrochent ?

Beaucoup d'auteurs, pédagogues, psychiatres ou sociologues nous décrivent le phénomène : par exemple, l'ouvrage collectif "L'absentéisme scolaire, du normal au pathologique" sous la direction de Patrice HUERRE, fournit des clés de compréhension d'un certain type d'absentéisme, celui du refus. Le début de l'ouvrage pose clairement le problème : "L'absentéisme nous choque parce qu'il est sans doute la critique la plus radicale de l'école. Les élèves chahuteurs et violents manifestent d'une certaine manière leur intérêt pour l'école. Les élèves absentéistes votent avec leurs pieds et disent qu'elle leur semble ni utile, ni intéressante..."


D'autres pays ont fait le choix de termes moins neutres pour décrire le phénomène.


Bienveillance et persévérance scolaire

2 min 7 sec

Intervenants par ordre d'apparition :

Claude BISSON-VAIVRE, inspecteur général de l'éducation nationale

Aziz JELLAB, inspecteur général de l'éducation nationale


Ainsi le Canada parle d'abandon scolaire (Michel JANOSZ, professeur à l'université de Montréal). Cette acception est reprise pour la première fois en France dans la circulaire n° 2013-035 du 29 mars 2013 relative à l'installation des Réseaux Formation Qualification Emploi (FOQUALE) qui dans son introduction précise que "L'abandon scolaire est un facteur important d'exclusion sociale et professionnelle. Chaque année, au niveau national, selon la direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), 140 000 jeunes en moyenne quittent le système éducatif sans avoir obtenu un diplôme classé au niveau IV ou V de la nomenclature interministérielle". Le terme d'abandon était déjà apparu dans la circulaire n° 2011-028 du 9 février 2011 relative à la mise en œuvre des articles L313-7 et L313-8 du code de l'éducation. Il s'agissait alors précisément de rappeler les "abandons en cours de scolarité" dans une circulaire destinée à la mise en place des plateformes de suivi et d'appui au décrochage.



Quantifier le phénomène

Les chiffres actualisés de la direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) :

 Publication
"Le décrochage scolaire :
un défi à relever plutôt qu'une fatalité
"
(pdf 1,9 Mo)
Ministère de l'éducation nationale,
de l'enseignement supérieur et de la recherche
- Tous droits réservés

  

Couverture de la publication n° 84 de décembre 2013, de la direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) Le décrochage scolaire : un défi à relever plutôt qu'une fatalité


 


Pour quantifier le phénomène, il est important de préciser de quelles catégories de jeunes il s'agit.

  • L'approche par les "stocks" (le taux de sortants précoces) : c'est la valeur, pour la France, de l'indicateur européen sur les "early leavers from education and training" (précédemment "early school leavers"), calculé par Eurostat (validation par l'Insee et la DEPP) sur les données de l'enquête "Labour Force Survey" (enquête Emploi).

Ce taux porte sur l'ensemble des jeunes âgés de 18 à 24 ans qui ne sont pas diplômés du second cycle du secondaire et qui ne sont pas en formation, rapporté au nombre total de jeunes âgés de 18 à 24 ans (620 000 en stock).

  • L'approche par les "flux"  (le taux de sortants sans diplôme) est fournie par la DEPP qui utilise l'enquête emploi/Insee (données déclaratives), en calculant une moyenne sur trois ans des jeunes sortants (140 000 en flux).

À l'heure actuelle, le Président de la République communique à la fois sur le stock et sur le flux : réduction du stock en dessous de 9,5 % et division de moitié du flux de sortants pour la fin de son quinquennat.


Les campagnes SIEI (système interministériel d'échange d'information)
depuis le lancement de l'outil de repérage

Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) -

Ministère de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche -
Tous droits réservés


Ce tableau présente l'évolution dans le repérage des jeunes potentiellement décrocheurs. La tendance qui se confirme est à la baisse. Il faut être cependant vigilant à ne pas confondre cette évolution avec une baisse du taux des décrocheurs (flux). Ces données portent sur le repérage des jeunes sur les deux campagnes annuelles. Des améliorations technologiques et une meilleure appropriation des outils liés au système interministériel d'échange d'informations (SIEI), en académie, a permis de faire baisser le nombre de jeunes potentiellement décrocheurs.

Focus sur la "NEET" : Not in Education, Employment or Training (ni étudiant, ni employé, ni stagiaire) est une classification sociale d'une certaine catégorie de personne inactive. Elle concerne principalement des adolescents introvertis qui ne sont pas insérés dans le système éducatif, mais aussi des adultes coupés de toute vie sociale, et renfermés sur eux-mêmes.


Pourcentage de la population âgée de 18 à 24 ans possédant au mieux
un niveau d'enseignement du premier cycle du secondaire et
ne poursuivant ni études, ni formation*

Union
européenne
28 membres



2005
2007
2012
2013
Objectifs



Total

Total
Hommes
Femmes
15,7
14,9
12,7
11,9
13,6
10,2
10
Belgique
12,9
12,1
12
11
13,2
8,7
9,5
Bulgarie
20,4
14,9
12,5
12,5
12,3
12,7
11
République
tchèque

6,2
5,2
5,5
5,4
5,4
5,5
5,5
Danemark**
12,9
9,1
8
9,9
6,2
10
Allemagne
13,5
12,5
10,6
9,9
10,4
9,3
10
Estonie
13,4
14,4
10,5
9,7
13,6
5,8
9,5
Irlande
12,5
11,6
9,7
8,4
9,8
6,9
8
Grèce
13,6
14,6
11,4
10,1
12,7
7,6
9,7
Espagne
30,8
31
24,9
23,5
27
19,9
15
France***
12,2
12,6
11,6
9,7
10,7
8,8
9,5
Croatie
-5,1
3,9
4,2
3,7
-4,7
-2,7
4
Italie
22,3
19,7
17,6
17
20,2
13,7
16
Chypre
18,2
12,5
11,4
9,1
14,8
4,2
10
Lettonie
14,4
15,1
10,6
9,8
13,6
5,8
13,4
Lituanie
8,1
7,8
6,5
6,3
7,8
-4,7
9
Luxembourg**


8,1
6,1
8,4
-3,7
10
Hongrie
12,5
11,4
11,5
11,8
12,5
11,1
10
Malte
33
32,7
22,6
20,9
23,2
18,2
10
Pays-Bas
13,5
11,7
8,8
9,2
10,9
7,4
8
Autriche
9,1
10,7
7,6
7,3
7,7
7
9,5
Pologne
5,3
5
5,7
5,6
7,9
3,2
4,5
Portugal
38,8
36,9
20,8
19,2
23,6
14,5
10
Roumanie
19,6
17,3
17,4
17,3
18,6
16
11,3
Slovénie
4,9
4,1
4,4
3,9
5
-2,6
5
Slovaquie
6,3
6,5
5,3
6,4
6,7
6,1
6
Finlande
10,3
9,1
8,9
9,3
10,4
8,3
8
Suède
10,8
8
7,5
7,1
7,9
6,2
10
Royaume-Uni**
16,6
13,6
12,4
13,7
11,2


En raison de ruptures dans les séries, les données antérieures à 2005 ont une comparabilité limitée au niveau des États membres.

* "Au mieux un niveau d'enseignement du premier cycle du secondaire" signifie que le niveau d'éducation le plus élevé atteint par la personne peut-être :

  • l'éducation de la petite enfance (CITE97 0) ;
  • l'enseignement primaire (CITE97 1) ;
  • le premier cycle du secondaire (CITE97 2) ou un cycle court de moins de 2 ans appartenant au deuxième cycle du secondaire (CITE97 3c court).

** Ruptures de séries pour le Danemark et le Royaume-Uni en 2007 ainsi que pour le Luxembourg en 2009. Les données des années antérieures ne sont pas comparables et ne sont donc pas présentées.

*** Ruptures de séries pour la France en 2013. La comparabilité des données avant cette année est donc réduite.

() Moindre fiabilité du fait de la taille de l'échantillon

 - Pas d'objectif national pour le Royaume-Uni.

Source : Communiqué de presse Eurostat 11 avril 2014 (pdf 434 Ko), site Eurostat


Une distinction entre sortants sans qualification  Notion très répandue, faisant référence à une nomenclature interministérielle des niveaux de formation (1967). De façon stable, chaque année depuis 20 ans, entre 700 000 et 750 000 jeunes sortent des systèmes de formation français (cf. les Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche (pdf 13 Mo), DEPP-MENESR).
Le nombre de sortants sans qualification de niveau VI et V bis (en dessous du niveau CAP/BEP) est évalué par le ministère de l'éducation nationale à 60 000 (cf. Rapport sur Le traitement de la grande difficulté scolaire au collège et à la fin de la scolarité obligatoire, André HUSSENET, Philippe SANTANA pour le Haut conseil de l'évaluation de l'école - pdf 566 Ko), donc environ 8% de l'ensemble.
Ce premier chiffre a beaucoup diminué depuis les années 70 (Note d'information - DEEP - N°08.05 janvier 2008, pdf 271 Ko) où il était estimé à plus du double. Cependant, ce seuil paraît incompressible depuis plusieurs années. Il renvoie à des situations individuelles plus lourdes, qui réclament, sans aucun doute, une plus forte mobilisation des acteurs chargés de la formation et/ou de l'accompagnement de ces jeunes vers l'insertion professionnelle stabilisée.
et sortants sans diplôme Il faut ajouter à ce chiffre environ 50 000 jeunes sortants de CAP ou de BEP sans avoir obtenu le diplôme (note de la DEPP citée plus haut), au total donc environ 110 000 jeunes qui sortent sans diplôme ou au maximum avec le Diplôme national du Brevet (DNB). Cela représente donc environ 16 % de l'ensemble. Le Conseil économique et social en 2008 donne, quant à lui, le chiffre  de 117 000. Le nombre de jeunes repérés grâce à l'outil SIEI. (Système interministériel d'échange d'information) ayant interrompu leur parcours de formation avant l'atteinte d'un niveau IV (bac) ou d'un titre professionnel est d'environ 140000. Parmi ceux-ci certains sont qualifiés d'un CAP ou d'un titre professionnel de niveau équivalent. Enfin, le chiffre de 620 000 correspond "au stock" des jeunes âgés de 18 à 24 ans qui ne sont pas diplômés du second cycle du secondaire et qui ne son pas en formation.


Caractériser le phénomène

Si la fabrique du décrochage scolaire est multifactorielle, elle n'en demeure pas moins un processus, avec un début et une fin.

Le sociologue Pierre MERLE rappelle dans un article paru dans Libération (12 juin 2013) que "les décrocheurs scolaires ne sont jamais vraiment rentrés dans l'école : les enfants des catégories populaires ne disposent pas toujours du "capital culturel", pour citer Pierre BOURDIEU, souvent nécessaire pour bénéficier pleinement des enseignements scolaires ; c'est-à-dire que l'école utilise un langage qui ne leur est pas assez accessible. Ils sont aussi plus éloignés de la culture scolaire. Beaucoup, d'origine étrangère, ont une moindre aisance linguistique, ce qui va peser sur les apprentissages. Les recherches ont aussi montré qu'à 4-5 ans, de grandes différences de connaissances cognitives existent entre enfants de catégories aisées, stimulés sur le plan du langage, et ceux des catégories populaires, qui passent souvent plus de temps devant la télé. L'école ne diminue pas ces écarts initiaux, elle les accentue."

Les décrocheurs se vivent-ils comme des décrocheurs ? Il est intéressant de constater la faible proportion de ceux qui mettent en avant des difficultés d'ordre personnel. Le décrochage relève massivement d'un dysfonctionnement de la relation entre le système scolaire et des jeunes qui ne suivent pas, selon une étude du CREN de Nantes de 2014, intitulée "Marre de l'école : les motifs de décrochage scolaire" (pdf 897 Ko).


Cette étude classe en 5 catégories les motifs principaux de décrochage
invoqués par les 1155 jeunes interviewés.

Classes
Effectifs
Fréquences
1. de grandes difficultés scolaires
296
25,6 %
2. le rejet de l'institution scolaire
234
20,3 %
3. l'attrait de la vie active
362
31,3 %
4. le découragement
166
14,4 %
5. des problèmes personnels
97
8,4 %
Ensemble
1155
100 %

Note du Centre de recherche en éducation de Nantes – CREN n° 17, mars 2014


Essai de typologie pour repérer


Typologie d'un élève décrocheur

3 min 7 sec

Intervenants par ordre d'apparition :

Nicole CATHELINE, pédopsychiatre - centre hospitalier de Poitiers

Aziz JELLAB, inspecteur général de l'éducation nationale

Ludmila MARTIN, coordonnatrice de la mission de lutte contre le décrochage scolaire (MLDS) - Agen


Schéma de repérage
de la typologie du décrochage
(pdf 766 Ko)

  


 

(cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Toutes ces difficultés observables, et quel qu'en soit l'ordre, deviennent des signes en fonction du rythme de leur apparition et de leur durée. Ces derniers renvoient au seuil de tolérance de chacun et à la culture de l'établissement scolaire.

Mise en ligne le 03/12/2015



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 Présentation du dossier Décrochage scolaire

 Historique

 Enjeux

 Mobiliser les ressources des premier et second degrés

 Acteurs, partenaires et territoires

 L'innovation au service de la lutte contre le décrochage

À voir sur le web

Textes officiels :


Autres ressources :




Conférences

De l'école à l'emploi : le parcours individuel d'orientation professionnelle

  • Nicolas TORRES, adjoint à la cheffe du bureau de l'orientation et de l'insertion professionnelle, ministère de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, direction générale de l'enseignement scolaire, sous-direction du socle commun, de la personnalisation des parcours scolaires et de l'orientation ;
  • Xavier VINET, chef du service académique d'information et d'orientation, académie de Nantes, délégué régional de l'Office national d'information sur les enseignements et les professions (ONISEP) ;
  • Françoise LEFEBVRE, proviseure du lycée Marie Curie de Nogent-sur-Oise, académie d'Amiens, directrice du groupement d'établissements pour la formation continue (GRETA) Sud-Oise ;
  • Catherine BEUZIT, principale du collège Molière à Bouillé-Loretz dans les Deux-Sèvres, académie de Poitiers.

Avec les contributions enregistrées de :

  • Jean-Pierre BELLIER, inspecteur général de l'éducation nationale pour les établissements et la Vie Scolaire (IGEN-EVS), en charge de l'orientation et du décrochage scolaire ;
  • George ASSERAF, agrégé de sciences économiques, inspecteur général de l'administration de l'éducation nationale et de la recherche, directeur de l'ONISEP ;
  • rencontre d'acteurs qui ont participé à l'action de remobilisation des jeunes en interruption de parcours de formation "Quelles solutions pour ma rentrée ?" qui a eu lieu le 22 septembre 2014 au centre d'information et d'orientation (CIO) de Poitiers. L'éducation nationale et ses partenaires organisent, en effet, régulièrement des rencontres sur l'emploi et la formation pour proposer des solutions concrètes aux jeunes de moins de 25 ans.

Animatrice : Sonia LEVERD, ingénieur de formation ESENESR.

Logo Conférences interactives


ESENESR/CNED - conférence interactive
8 octobre 2014
1 h 29 min 9 sec



Administration française École supérieure de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche
Téléport 2 - BP 72000 - Bd des Frères Lumière - 86963 Futuroscope Chasseneuil Cedex - France - Tel +33 (0)5 49 49 25 00

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